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Les pathologies occulaires bénignes

Les pathologies oculaires font partie des plaintes les plus fréquentes des patients à l’officine. Considérées souvent comme anodines, elles peuvent néanmoins devenir envahissantes et même invalidantes, occasionnant parfois de fortes douleurs et une gêne permanente.

PATHOLOGIES DES YEUX

L’œil rouge

C'est le symptôme d’une conjonctivite, c’est-à-dire une inflammation de la conjonctive (tissu qui tapisse l’intérieur des paupières). Elle peut être d’origine bactérienne, virale, allergique ou encore irritative. Elle peut être accompagnée de larmoiements et/ou de sécrétions mais reste indolore et n’entraîne pas de baisse de l’acuité visuelle.

La conjonctivite irritative

Uni ou bilatérale, elle est due à l’agression de la conjonctive par un élément extérieur, comme des produits chimiques (yeux rouges en sortant de la piscine…), la fumée, la pollution, le vent, le tabac, un travail prolongé sous une lumière artificielle ou encore le port exagéré de lentilles de contact

Il y a parfois un larmoiement réflexe, mais surtout quelques picotements et une fatigue oculaire.

La conjonctivite infectieuse

Elle se traduit par des yeux collés au réveil, une sécrétion purulente au cours de la journée accompagnée ou non de larmoiement. Il ne doit y avoir ni douleur, ni baisse de l’acuité visuelle, ni photophobie.

L’hémorragie conjonctivale

Elle se caractérise par une flaque unilatérale de sang dans le blanc de l’œil. Elle apparaît spontanément, sans traumatisme, ni douleur, ni sécrétion, ni baisse de l’acuité visuelle. Bien qu’impressionnante, elle reste tout à fait bénigne et régresse spontanément en 15 jours sans aucun traitement.

Traitement

Excepté pour l’hémorragie conjonctivale, le préalable à tout traitement sera un lavage systématique de l’œil et éventuellement de ses annexes (paupières, cils et cul-de-sac conjonctivaux) à l’aide d’une compresse imbibée d’une solution ionique, d’un antiseptique boraté ou simplement de sérum physiologique.

Les formes unidoses seront privilégiées, du fait de l’absence de conservateurs qui peuvent être allergisants.
Ensuite, on utilisera soit un collyre décongestionnant et anti-irritations dans le cas d’une conjonctivite irritative, soit un collyre antiseptique dans le cas d’une conjonctivite infectieuse.

La durée du traitement dépendra de l’évolution de la maladie (en général, pas plus de 15 jours).

Quelques conseils s’imposent :

  • Eviter le port de lentilles de contact pendant la durée du traitement,
  • Se laver les mains avant d’instiller le collyre,
  • Eviter le contact entre l’embout du collyre et les doigts ou les yeux,
  • Si le traitement impose l’utilisation de plusieurs collyres, respecter un délai d’environ 15 minutes entre les différentes instillations,
  • Dans le cas d’une conjonctivite bilatérale, utiliser une compresse stérile différente pour chaque œil.

L’œil qui gratte

C'est le signe révélateur d’une conjonctivite allergique. Elle s’accompagne d’une rougeur et d’un gonflement des yeux, de photophobie, d’un larmoiement clair et bilatéral.
La conjonctivite allergique est souvent saisonnière et rythmée par les pollens de graminées, des plantes herbacées (armoise, ambroisie, pariétaire…) ou des arbres (cyprès, bouleau, olivier…).

Lorsqu’elle survient quelque soit la saison, ce sont alors d’autres allergènes qui sont incriminés : moisissures, acariens, poils d’animaux, cosmétiques, allergènes professionnels…

Traitement

Il consiste en premier lieu en l’éviction de l’allergène par un lavage abondant des yeux plusieurs fois par jours. Puis on utilisera un collyre antiallergique qui enrayera la réaction allergique locale. On pourra ensuite administrer un antihistaminique par voie orale si les signes cliniques sont importants.

L’œil qui pique

C'est la sensation de « grains de sable dans l’œil » témoignent d’une sécheresse oculaire, c’est-à-dire d’un défaut quantitatif ou qualitatif des larmes censées lubrifier le globe oculaire.
Elle survient souvent chez des sujets qui travaillent longuement devant un écran d’ordinateur ou chez des personnes traitées par certains médicaments qui assèchent les sécrétions (diurétiques, anti-acnéiques, antidépresseurs…).

Traitement

Le traitement de la sècheresse oculaire est relativement simple, puisqu’il se limite à l’utilisation de substituts lacrymaux (à base de polymères, d’acide hyaluronique ou de liposomes) qui vont lubrifier la surface de l’œil.

Les compléments alimentaires à visée oculaire ont également montré leur utilité de par leur activité anti-oxydante ; la sècheresse oculaire étant souvent liée au processus de vieillissement de l’œil.

PATHOLOGIES DES PAUPIERES

A plus d’un titre, les paupières jouent un rôle primordial dans la sphère ophtalmologique:

  • elles protègent les yeux des agressions extérieures (leur paralysie peut d’ailleurs entraîner de graves lésions de la cornée),
  • elles participent à la fonction visuelle puisque un défaut d’ouverture de la fente palpébrale ampute le champ visuel
  • et enfin elles permettent la bonne lubrification de l’œil en répartissant les larmes sur toute sa surface.

La blépharite

C’est une inflammation de la paupière accompagnée ou non d’une conjonctivite. Elle se caractérise par un œdème palpébral prurigineux avec rougeur du bord ciliaire et des croûtes à la racine des cils.

Ses causes sont multiples (troubles de la vision, mycoses, parasitoses, allergies…).

Traitement

Nettoyage soigneux de la paupière et des cils, administration d’une pommade à l’oxyde mercurique.

L’orgelet

Aussi appelé Compère-loriot, c’est un furoncle d’un cil (« bouton blanc »), associé ou non à une blépharite. Il peut s’abcéder avec œdème de la paupière.

Traitement

Pommade ophtalmologique à base d’oxyde mercurique. A noter que l’arrachage du cil dont la base est infectée permet l’écoulement du pus et donc une guérison plus rapide. Si l’orgelet persiste au-delà d’une semaine, il faudra passer par une consultation médicale afin de faire le diagnostic différentiel entre orgelet et chalazion.

Le chalazion

Il se présente sous la forme d’une (ou plusieurs) masse inflammatoire rouge liée à l’obstruction d’une glande de Meibomius (petite glande située dans la paupière, au ras des cils et qui produit des corps gras entrant dans la composition des larmes).

La rétention de ces substances entraine l’apparition d’un véritable kyste qui peut atteindre la taille d’un petit pois et dont la guérison est souvent très longue.

Traitement

Faire plusieurs toilettes palpébrales par jour et appliquer une pommade à l’oxyde mercurique pour éviter la surinfection. En cas d’échec, l’exérèse chirurgicale s’impose.